« Est-ce qu’il lit ce que j’écris ? » « Est-ce que mes conversations servent à entraîner la machine ? » « Est-ce que je peux lui parler de ma santé ? »
Ce sont les trois questions qui reviennent systématiquement dans mes séances de formation, et elles sont saines. Voici des réponses claires, et surtout la règle simple qui vous évite d’avoir à toutes les retenir.
La règle des trois secondes
Avant d’écrire quelque chose dans une IA, posez-vous cette question : serais-je à l’aise si ce texte s’affichait demain sur un panneau devant chez moi ?
Si la réponse est non, ne l’écrivez pas. Cette règle unique remplace toute la lecture des conditions d’utilisation, et elle ne se trompe jamais.
Ce qui ne doit jamais y aller
- Identifiants et mots de passe, quel qu’en soit le prétexte.
- Numéro de sécurité sociale, pièce d’identité, RIB, numéro de carte bancaire.
- Documents médicaux nominatifs, les vôtres comme ceux d’un proche.
- Documents professionnels confidentiels sans accord écrit de votre employeur.
- Informations concernant quelqu’un d’autre qui n’a rien demandé — c’est sa vie privée, pas la vôtre.
Vos conversations servent-elles à entraîner la machine ?
Selon les services et les réglages, c’est possible. La bonne nouvelle : les principaux fournisseurs proposent désormais un réglage pour le désactiver, souvent dans les paramètres, sous une mention du type « amélioration du service » ou « historique ».
C’est un réglage à faire une fois, qui prend deux minutes, et que presque personne ne connaît. C’est systématiquement le premier geste que je fais avec les personnes que je forme.
Peut-on parler de sa santé à une IA ?
Pour comprendre un terme médical, préparer des questions avant une consultation ou saisir le principe d’un traitement : oui, en restant général et sans donner de nom.
Pour se faire diagnostiquer, ajuster un traitement ou remplacer un avis médical : non. L’IA n’a pas votre dossier, ne vous examine pas, et peut affirmer une erreur avec le même aplomb qu’une vérité.
Les enfants et les adolescents
La question n’est pas de leur interdire l’outil — ils l’utilisent déjà, souvent mieux que leurs parents. Elle est de leur transmettre trois choses :
- Ça peut se tromper. Un devoir recopié sans vérification contient parfois des faits inventés.
- Ça ne remplace pas le fait d’apprendre. Faire faire l’exercice ne fait pas comprendre l’exercice.
- On n’y met pas d’informations personnelles — ni les siennes, ni celles de ses camarades.
Le droit à l’effacement s’applique
En France, le règlement européen sur les données vous donne un droit d’accès et d’effacement. Les services d’IA grand public proposent, dans leurs paramètres, la suppression de l’historique et parfois du compte entier.
Un réflexe utile : supprimer une conversation dès qu’elle a servi, surtout si elle contenait des éléments personnels que vous avez quand même partagés.
Le vrai risque n’est pas celui qu’on croit
La plupart des gens redoutent qu’un employé du service lise leurs conversations. Le risque réel, beaucoup plus courant, c’est l’ordinateur partagé : une session restée ouverte, et n’importe qui dans le foyer lit tout l’historique.
Déconnectez-vous sur un poste partagé, et mettez un mot de passe sur votre session. C’est plus efficace que toutes les précautions théoriques.
Questions fréquentes sur l’IA et la vie privée
Les IA gratuites sont-elles moins respectueuses de la vie privée ?
Pas nécessairement, mais les offres professionnelles payantes s’engagent en général à ne pas réutiliser les données pour l’entraînement. Pour un usage personnel, le réglage de désactivation suffit dans la plupart des cas.
Faut-il utiliser un faux nom ?
Ce n’est pas nécessaire, et cela ne change pas grand-chose puisque le compte est lié à votre adresse e-mail. Ce qui compte, c’est ce que vous écrivez dans les conversations, pas le nom sur le compte.
Vérifiez-vous ces réglages pendant une formation ?
Oui, systématiquement, et c’est même par là que je commence : réglages de confidentialité, historique, suppression des données. Ensuite seulement on passe aux usages.